Manager n’est pas régner !

Abdelhamid Niati
6 min readJul 21, 2019

Le management comme art de diriger a connu de nombreuses évolutions à travers les siècles. Le mot management apparait sous l’ère industrielle. Il n’est plus question de faire usage du fouet mais de faire en sorte que l’homme participe à l’effort collectif de développement économique du pays. Ceci va ensuite s’étendre au monde de l’entreprise posant ainsi la question de la place de l’’humain non seulement dans le monde mais également et avant tout dans l’entreprise. La construction pyramidale avec le CEO et le CA à son sommet fait pression sur les strates inférieures de l’entreprise pour que comme jus pressé la ressource humaine donne le meilleur d’elle-même. Aussi les actions répétitives doivent elles trouver un sens car dans tout emploi il y a une part de répétition. Un ou plusieurs gestes ou mécanismes de réflexion qui trouvent à se reproduire au fil du temps. La vie privée n’échappe pas à cette logique que l’on nomme routine. Cette dernière tue selon l’expression consacrée. Aussi faut-il faire varier les cycles en prenant garde de ne pas tomber dans le bore out (expression qui définit l’ennui au travail). Pour remédier à ces maux en amont ou en aval, on voit apparaitre des méthodes pour organiser l’humain avec le taylorisme et une rationalisation des tâches pour gagner en productivité.

Productivité : le mot est laché

Ici il est donc question de ressources et de résultat. Dès lors se posent 2 questions :

- quelles sont les ressources ?

- quels sont les résultats ?

Les ressources !

Le mot ressources imprime dans les esprits, le matériel nécessaire à la production dans un premier temps puis, et après réflexion, l’immatériel apparait. Par immatériel, entendons les ressources énergétiques et intellectuelles mises en œuvre pour produire. Il apparait clairement que les immatérielles sont tout aussi matérielles que les autres. L’avènement du numérique nous sort de ce bon vieux schéma fossile des ressources matérielles nécessaires. Un schéma qui imprime toujours bon nombre d’esprits comme nous le verrons plus tard.

Les résultats !

En matière de résultat, Le mythe de Stakhanov a fait du mal. En effet, au plus on travaille dur au plus on a de la considération. Le résultat du travail doit être visible et palpable et la sueur doit couler à grosses gouttes. Notre job doit nous épuiser avec une fatigue bien visible pour être perçu comme utile. Là encore ce cliché s’effondre sous l’ère numérique. En effet, le « travailler dur », perd de son sens car le résultat n’est pas toujours palpable à la manière de notre chère Stakhanov. On utilise beaucoup plus son intelligence et des process pour être plus efficace. L’autre raison tient au fait que la personne qui travaille dur en se donnant corps et âmes ne voit pas toujours son travail reconnu. Ainsi, malgré les efforts, les regards malveillants se focaliseront sur la petite erreur qui n’impacte en rien ni le résultat ni même les moyens pour y arriver mais cette erreur ne devait pas être commise selon la pensée dominante. L’histoire de l’humanité est faite d’erreurs, de bourdes qui ont conduit à bien des progrès. Nous sommes ici à l’opposé du positive feedback.

Le cerveau humain est composé de 85 milliards de neurones. Ce qui signifie que dans toute structures, l’intelligence en place est potentiellement immense. Encore faut-il que le manager cesse de se comporter en monarque, détenteur d’un pouvoir qu’il pense divin et à la limite de la mégalomanie.

1.Tu dois initier inviter à et cesser d’ordonner

Trop souvent le manager fraichement promus pense qu’il est un privilégié et se comporte donc comme un monarque. Le management dirigiste écrase les individus et devient vite contreproductif.

Imaginez que vous ayez une personne sur le dos au sens littéral : combien de temps allez-vous tenir avant de vous écrouler sous son poids ?

C’est exactement ce qui se passe avec un management qui est derrière tous ses collaborateurs. Il pèse au lieu d’alléger et d’aider à l’envol.

2. Tu dois laisser de l’autonomie et faire confiance

Chaque collaborateur a son domaine d’expertise. La puissance neuronale évoquée plus haut doit te permettre de visualiser la puissance potentielle d’un individu. Laisse cette puissance s’exprimer pour en tirer le meilleur. Tu dois stimuler cette puissance en donnant de l’autonomie à tes collaborateurs. Oui de l’autonomie, source de créativité et d’épanouissement.

La confiance est la clef de cette autonomie.

La confiance est une des clefs du management. Cesser d’avoir peur que le collaborateur se trompe et plutôt avoir la certitude absolue qu’il va bien faire voire exceller. La peur nous fige ou nous fais fuir mais en aucun cas elle ne permet de construire sur la durée. C’est un mécanisme de survie face à un danger bien réel alors attardez vous plutôt sur les axes de croissance qui le sont tout autant.

3. Fais du positive feedback

Le positive Feedback consiste à féliciter ses collaborateurs sur ce qui est bien fait. Tu dois remercier tes collaborateurs pour les points positifs accomplis et ne jamais commencer par le négatif. Dans l’esprit de ton équipe, l’image du château de carte qui s’écroule prendra tout son sens car le négatif est apparu en premier et sert donc de base d’évaluation par la suite. Commencer par le positif permet donc de voir un édifice bien bâti avec de multiples voies d’améliorations pour la simple et bonne raison que le négatif verrouille alors que le positif ouvre.

4. Ecoute activement

L’écoute active ne doit pas être défini par opposition à une supposée écoute passive. On écoute activement lorsqu’on sait faire silence pour laisser l’autre parler. On doit également déconstruire pour reconstruire pour faire abstraction de tout ce que l’on sait au moment où l’on écoute. On doit poser des questions de manière ouverte pour mettre en place un réel échange d’idée. La manager nouveau se nourrit de l’intelligence de ses collaborateurs et réciproquement nourrit ces derniers de ses propres réflexions. L’écoute active implique de faire silence et d’enregistrer absolument tout ce que dit la personne sous peine de passer à côté de l’essentiel. Passer à côté de l’essentiel c’est rater une information cruciale voire un chainon manquant dans la chaine de réflexion. Voilà pourquoi on ne peut faire l’économie de rater cela sous peine de ne pouvoir résoudre un problème ou même construire un projet.

5. L’intelligence collective

Avoir des valeurs communes permet de donner un sens aux actions d’un groupe ou d’une entreprise. Ces valeurs partagées permettent de mener à bien les projets et de résister aux caps délicats. Elles constituent une bonne parade à l’individualisme. L’union et l’intelligence collective créée permettent un travail efficient et une circulation fluide de l’information. Les valeurs fédèrent et leur absence favorisent l’éparpillement des individualités.

On gagne une coupe du monde avec un collectif et non avec une somme d’individualités !

Photo by Austin Distel

6. Carpe Diem

Tu dois vivre l’instant présent pour mieux te projeter dans l’avenir. Chaque jour tu dois apprendre et partager cet apprentissage avec ton équipe. Ainsi tu insuffleras de la créativité de manière permanente.

7. La créativité est la clef

La clef de l’innovation et de progrès de l’humanité est la créativité. Sans elle, l’humain n’aurait jamais rien construit de durable et n’aurait pu se sortir de situations difficiles. La créativité de tes collaborateurs est ton meilleur atout. Tu dois utiliser des outils de travail collaboratif pour permettre à chaque personne d’apporter du neuf, d’apporter un œil nouveau. Ainsi tout avancera plus vite et mieux et personne ne sera laissé sur le banc.

Abdelhamid NIATI

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Abdelhamid Niati

Writer, content manager and business coach. I am also the Head of people and the Content Manager for a non profit organisation created in Africa.